Pour les pressés : les calculettes du taux horaire et du prix de vente sont plus bas, cliquez ici.
Beaucoup de peintres fixent leur prix au m² en regardant celui des autres. C’est rapide, mais ça ne dit rien de ce que le chantier vous coûte à vous. Résultat : des chantiers signés qui ne paient pas vos heures, ou des devis perdus parce que trop hauts. Un prix copié sur un concurrent couvre ses charges à lui, pas les vôtres. Un prix au m² se construit à partir de trois choses que vous seul connaissez : votre coût horaire réel, votre temps par m² selon le support, et votre fourniture. Voici la méthode, avec un exemple. Les chiffres de l’exemple sont des hypothèses : remplacez-les par les vôtres.
1. Le taux horaire : ce que vous coûte une heure de chantier
Le taux horaire se calcule sur tout ce que l’entreprise doit couvrir dans l’année, divisé par les heures que vous pouvez réellement facturer. La méthode complète, statut par statut (auto-entrepreneur compris), est dans calculer son taux horaire d’artisan du bâtiment. Vous vous lancez à votre compte ? Voyez aussi comment démarrer comme peintre auto-entrepreneur.
Taux horaire = (rémunération visée + charges sociales + frais fixes de l’année) ÷ heures facturables de l’année
- Les frais fixes : véhicule et carburant, assurances dont la décennale, outillage, comptable, téléphone, logiciels, local.
- Les heures facturables : vos heures de présence, moins tout ce qui ne se facture pas. Devis, visites, trajets, achats, administratif, intempéries, congés. C’est souvent un tiers du temps, parfois plus.
Exemple. Un peintre seul doit couvrir 50 000 € sur l’année (sa rémunération, ses charges et ses frais fixes). Il est présent 1 600 heures, dont 30 % passent hors chantier facturé. Il lui reste 1 120 heures facturables. Son taux horaire est de 50 000 ÷ 1 120 = 44,64 € HT de l’heure, arrondi à 45 €.
Si ce même peintre passe moins de temps sur ses devis et ses trajets, ses heures facturables montent et son taux baisse sans qu’il gagne moins. C’est tout l’enjeu du temps de devis, détaillé dans combien de temps vous coûte vraiment un devis.
Et vous : connaissez-vous vos heures facturables sur l’année, ou seulement vos heures de présence ? Si c’est la seconde, votre taux horaire est sans doute trop bas.
Calculez votre taux horaire avec vos chiffres
2. Le temps par m², poste par poste
Le temps dépend du support bien plus que de la peinture. Chronométrez-vous sur deux ou trois chantiers et notez le temps par m² pour chaque poste : protection, préparation (lessivage, rebouchage, ponçage), impression, chaque couche de finition. La préparation est le poste qui varie le plus d’un chantier à l’autre : c’est elle qui fait l’écart entre deux devis. Les niveaux de finition qui fixent son ampleur sont expliqués dans le DTU peinture NF DTU 59.1.
3. La fourniture au m²
Pour chaque produit : (1 ÷ rendement en m² par litre) × nombre de couches × prix du litre. Le rendement est indiqué sur le pot ; sur un support poreux, comptez plus large. Le calcul des litres est détaillé dans combien de litres de peinture au m². Ajoutez les petites fournitures (bâches, rubans, enduit, abrasifs) au m² ou au forfait.
4. L’exemple complet : un mur en bon état, deux couches
| Poste | Calcul (hypothèses d’exemple) | Par m² |
|---|---|---|
| Préparation légère | 0,10 h × 45 € | 4,50 € |
| Impression | 0,08 h × 45 € | 3,60 € |
| Finition, deux couches | 2 × 0,08 h × 45 € | 7,20 € |
| Fourniture impression | 1 ÷ 10 m²/L × 8 €/L | 0,80 € |
| Fourniture finition | 2 couches × 1 ÷ 10 m²/L × 12 €/L | 2,40 € |
| Petites fournitures | forfait | 0,50 € |
| Prix de revient | 19,00 € | |
| Marge de 15 % | 19,00 × 1,15 | 21,85 € HT |
Sur un mur abîmé, il suffit de changer la ligne préparation : avec 0,30 h au lieu de 0,10 h, le prix monte de 9 € HT par m² avant marge. C’est pourquoi un prix au m² unique, sans regarder le support, est presque toujours faux dans un sens ou dans l’autre. Pour choisir votre marge et ne pas confondre taux de marge et taux de marque : calculer le prix de vente d’un devis.
Du prix de revient au prix de vente
5. Plafonds, boiseries, et ce qui ne se compte pas au m²
- Plafonds : le même calcul, avec des temps plus longs (on travaille bras levés). Ne les chiffrez jamais au prix d’un mur.
- Plinthes : au mètre linéaire. Portes : à l’unité, par face.
- Protection et déplacement des meubles : au forfait par pièce, selon qu’elle est vide ou meublée.
- Teinte sombre à recouvrir : une sous-couche ou une couche de plus, sur sa propre ligne.
6. En faire une grille, et la tenir à jour
Une fois vos temps et vos fournitures notés, rassemblez-les dans une grille : une ligne par poste, une unité, un prix. Revoyez-la quand vos fournisseurs changent leurs tarifs, et au moins une fois par an. Notre bibliothèque de prix à remplir fait ce calcul pour vous, et notre exemple de devis de peinture intérieure montre comment ces lignes s’enchaînent sur un vrai devis. Le plus simple pour un peintre : le kit devis du peintre, gratuit, dont l’Excel calcule votre taux horaire et vos prix poste par poste.
Trois questions à vous poser, dans l’ordre
- Votre taux horaire est-il calculé sur vos heures facturables, et non sur vos heures de présence ?
- Avez-vous chronométré votre temps par m² sur au moins deux chantiers ?
- Votre ligne préparation change-t-elle selon l’état du support ?
La première compte le plus : toutes les autres lignes en dépendent.
Et Gus dans tout ça ?
Dans Gus pour la peinture intérieure, vos prix sont repris sur chaque estimation : préparation, impression, murs, plafonds, boiseries, chacun avec son unité. Les quantités viennent des pièces mesurées par le client, et la préparation reste en fourchette tant que l’état des murs n’est pas confirmé. Un prix corrigé sur un dossier ne touche jamais votre grille. Et Gus mesure votre temps passé sur chaque devis : de quoi recalculer vos heures facturables avec des chiffres réels.
À retenir : votre taux horaire se calcule sur vos heures réellement facturables, pas sur 35 heures. Votre prix au m² additionne temps × taux et fourniture, poste par poste, puis la marge. La préparation fait l’essentiel de l’écart entre deux chantiers : chiffrez-la selon le support, jamais au forfait aveugle.