Pour les pressés : la calculette qui compte ce que vous coûtent vos devis gratuits est sur l’accueil, cliquez ici.
Demandez à un artisan combien de temps il passe sur un devis, il répondra souvent « une heure ou deux, le soir ». C’est le temps du chiffrage. Ce n’est pas le temps du devis.
Une gérante d’entreprise d’isolation a fait le compte complet pour un devis avec visite : 5 h 30 à 8 h de travail pour un seul devis. Le premier appel, le trajet, la visite, le métré, le calcul, la mise au propre. Ce temps ne se facture pas, et il se reprend sur les soirées et les samedis.
Voici comment faire ce calcul pour votre entreprise, ce qu’il révèle, et où l’on peut gagner du temps sans bâcler le devis.
Un devis, étape par étape
Le temps d’un devis est éparpillé : dix minutes au téléphone entre deux chantiers, une heure de route, une soirée devant l’ordinateur. C’est pour ça qu’on le sous-estime. Pour le voir, il faut le découper.
| Étape | Ce qu’on oublie souvent de compter |
|---|---|
| Le premier contact | Le rappel quand on a raté l’appel, les questions pour comprendre le projet, la prise de rendez-vous qui se fait en trois messages |
| Le trajet | L’aller et le retour, le détour, le carburant, et le chantier qu’on quitte plus tôt |
| La visite | Le temps d’écoute du client, souvent plus long que le métré lui-même |
| Le métré et les photos | La cote oubliée qui oblige à rappeler le client ou à repasser |
| Le chiffrage | La recherche des prix fournisseurs, les quantités, les options demandées |
| La mise au propre | La mise en forme, les mentions obligatoires, la relecture, l’envoi |
| Le suivi | Les questions du client après réception, les variantes, les relances |
Prenez vos trois derniers devis et notez, de mémoire, le temps de chaque ligne. Vous n’aurez pas la minute près, mais l’ordre de grandeur suffit. Le chiffre est presque toujours plus haut que celui qu’on avait en tête.
Et vous : quel temps par devis aviez-vous en tête avant de faire ce compte ? L’écart entre les deux, c’est le temps que vous ne voyez pas passer.
Le calcul en trois lignes
Avec le temps moyen d’un devis, trois multiplications suffisent.
- Temps par mois = temps moyen d’un devis × nombre de devis par mois.
- Temps par chantier signé = temps par mois ÷ nombre de chantiers signés dans le mois. C’est le vrai coût d’un chantier gagné : il porte aussi les devis perdus. Pour en perdre moins, voir pourquoi vos devis ne sont pas signés.
- Valeur de ce temps = temps par mois × ce que vous rapporte une heure de chantier (votre taux horaire : comment le calculer).
La deuxième ligne est la plus parlante. Un client demande souvent deux ou trois devis pour le même projet : une partie de votre travail sert seulement à lui permettre de comparer. Ce n’est pas un problème en soi, c’est le jeu. Mais ce temps-là, il faut le connaître.
Un exemple chiffré
Prenons une petite entreprise, avec des hypothèses volontairement modestes (remplacez-les par les vôtres) :
- 15 devis par mois ;
- 4 heures par devis, trajet compris, donc moins que les 5 h 30 à 8 h comptées en isolation ;
- 1 devis signé sur 3 ;
- une heure de chantier qui rapporte 45 €.
| Temps passé en devis chaque mois | 15 × 4 h = 60 heures, soit 7 à 8 journées de travail |
| Chantiers signés | 15 ÷ 3 = 5 chantiers |
| Temps de devis par chantier signé | 60 h ÷ 5 = 12 heures |
| Valeur de ce temps | 60 h × 45 € = 2 700 € par mois de travail non facturé |
Il ne s’agit pas de faire payer tous les devis : pour la plupart des chantiers, le devis gratuit fait partie du métier. Il s’agit de savoir ce qu’il coûte, pour décider où ce temps est bien placé, et où il ne l’est pas.
Pour faire le calcul avec vos propres chiffres, la calculette de l’accueil le fait en deux curseurs.
Où part vraiment le temps
Quand on refait le compte étape par étape, trois postes ressortent presque toujours.
- Les déplacements pour rien. Le client hors zone, celui dont le budget est très loin du prix réel, celui qui voulait seulement « avoir une idée ». On le découvre une fois sur place.
- Les informations qui manquent. La façade côté jardin qu’on n’a pas vue, la hauteur sous plafond pas notée, la photo du tableau électrique oubliée. Chaque manque coûte un appel, un message, parfois un second passage.
- La remise au propre. Repartir de ses notes manuscrites, retrouver les cotes, ressaisir tout dans le logiciel de devis. C’est le travail du soir, celui qu’on fait fatigué. Dicter la visite sur place en supprime une bonne partie : voir faire un devis sur son téléphone, depuis le chantier.
Le chiffrage lui-même, le cœur de votre savoir-faire, n’est souvent qu’une petite partie du total.
Ce qu’on peut réduire sans bâcler le devis
- Trier avant de se déplacer. Trois questions au premier contact suffisent souvent : où est le chantier, quand le client veut-il les travaux, a-t-il une idée de budget ? Vous ne vous déplacez plus pour les demandes qui ne vous correspondent pas (les messages pour poser ces questions sont dans répondre à une demande de devis). Et pour celles qui exigent quand même un déplacement lointain ou une étude, vous pouvez faire payer le devis, à condition de l’annoncer avant.
- Faire envoyer photos et mesures avant la visite. Un client bien guidé peut photographier ses façades, ses fenêtres ou ses murs. Vous arrivez en sachant ce que vous allez voir, ou vous donnez une première fourchette sans vous déplacer.
- Chiffrer avec une grille. Vos ouvrages courants, avec vos prix, prêts à être repris. Le chiffrage devient une vérification plutôt qu’un calcul complet. Pour l’isolation par l’extérieur, notre exemple de devis commenté ligne par ligne montre les postes à prévoir, tout comme notre exemple de devis de peinture intérieure.
- Un modèle de devis complet une fois pour toutes, avec toutes les mentions obligatoires. Vous ne les vérifiez plus à chaque envoi.
- Noter la relance dès l’envoi. Elle ne dépend plus de votre mémoire, et elle ne passe plus à la trappe.
Aucune de ces étapes ne retire quoi que ce soit à votre métier. Elles retirent ce qui l’entoure.
Trois questions à vous poser, dans l’ordre
- Connaissez-vous votre temps moyen par devis, trajet compris ?
- Savez-vous combien d’heures de devis porte chaque chantier signé ?
- Triez-vous les demandes avant de prendre la route ?
La troisième est celle qui rend du temps le plus vite.
Et Gus dans tout ça ?
Gus reprend les points 1, 2 et 5. Le client décrit son projet avec votre lien (sur votre site, votre fiche Google ou envoyé par SMS), guidé question par question, et envoie ses photos. Gus trie les demandes selon vos critères, range les cotes avec leur source, prépare la question à poser quand il manque une photo, et propose un pré-chiffrage avec vos prix. Vous gardez la main sur le devis : Gus ne fait pas votre métier, il dégrossit vos dossiers. Le parcours complet, avec de vraies captures d’écran, est sur la page pourquoi Gus va vous faire gagner du temps.
Combien de temps cela fait-il gagner ? Nous comptons prudemment 40 % de temps en moins, un chiffre que nous affinerons avec les mesures de nos premiers artisans. Sur l’exemple ci-dessus, cela ferait environ 24 heures rendues chaque mois.
À retenir : un devis ne se résume pas au chiffrage. Comptez tout, du premier appel à la relance, puis divisez par le nombre de chantiers signés : c’est le vrai coût d’un chantier gagné. Le temps le plus facile à récupérer n’est pas celui du chiffrage, mais celui des déplacements pour rien et des informations qui manquent.