Pour les pressés : la calculette du taux horaire est plus bas, cliquez ici.
« Le nettoyage, c’est compris, on laisse propre. » Vous l’avez dit cent fois en visite. Sauf que le jour de la fin, le client attend des vitres qui brillent. Vous, vous pensiez balai, bâches pliées et benne vidée. Et la discussion démarre au moment où vous voulez faire signer la réception.
Le nettoyage de fin de chantier se décide sur le devis, ligne par ligne, avant le premier coup de pinceau.
Ce que vous allez trouver ici
- Ce que vous devez au client sans le facturer en plus, et ce que la loi vous impose sur les déchets.
- Ce qui relève du nettoyage « de confort », à chiffrer à part.
- Comment écrire la ligne « repli et nettoyage » sur le devis, au forfait ou au m².
- Comment calculer votre prix avec votre taux horaire, sans prix de marché inventé.
- Les protections qui vous évitent une partie du nettoyage.
- Une liste à cocher pour le dernier jour, photos comprises.
1. Ce que vous devez : rendre les lieux propres de votre chantier
Le principe est simple. Vous repartez avec ce que vous avez apporté et ce que vous avez produit. Gravats, chutes d’isolant, pots vides, adhésifs, bâches usées : tout ça est à vous. Les traces laissées par le chantier aussi : coulures, poussière de ponçage, empreintes d’enduit sur la terrasse.
Sur les déchets, la loi fixe le cadre. Le code de l’environnement rend le producteur ou le détenteur d’un déchet responsable de sa gestion. Cette responsabilité court jusqu’à l’élimination ou la valorisation finale (article L541-2). Il doit aussi vérifier que celui à qui il remet ses déchets est autorisé à les prendre.
Depuis le 1er juillet 2021, vos devis de construction, de rénovation ou de démolition doivent aussi parler des déchets (article L541-21-2-3 et décret n° 2020-1817). Quatre mentions sont attendues :
- une estimation de la quantité totale de déchets du chantier ;
- les modalités de gestion et d’enlèvement : tri sur place, déchets collectés à part ;
- le ou les points de collecte : raison sociale, adresse, type d’installation ;
- une estimation du coût de cette gestion.
À la déchèterie ou chez le repreneur, un bordereau de dépôt est rempli avec l’installation. Il identifie le maître d’ouvrage, votre entreprise, la nature et la quantité des déchets. La CAPEB conseille de le garder comme preuve de traçabilité et d’en remettre une copie au client qui la demande.
Concrètement : le coût d’évacuation des déchets apparaît sur le devis, avec le point de collecte. Si le client garde lui-même la gestion des déchets, écrivez-le sur le devis, et reprenez-le sur la facture. Pour le reste des mentions, voyez les mentions obligatoires d’un devis.
2. Ce qui se chiffre à part : le nettoyage « de confort »
Le client confond souvent deux choses. Rendre propre après vous. Et rendre la maison prête à vivre. La seconde demande des produits, du temps et parfois une entreprise de nettoyage. Elle mérite sa propre ligne.
| Tâche | Dû par l’artisan | À chiffrer à part |
|---|---|---|
| Évacuer gravats, chutes, emballages, pots | Oui | Coût indiqué sur le devis |
| Retirer bâches, adhésifs, protections | Oui | Non |
| Effacer coulures et taches dues au chantier | Oui | Non |
| Balayer et aspirer les zones de travail | Oui | Non |
| Laver toutes les vitres de la maison | Non | Oui |
| Lessiver les sols et pièces hors chantier | Non | Oui |
| Nettoyer la terrasse ou la façade entière au nettoyeur haute pression | Selon ce qui est écrit au devis | Oui, si ce n’est pas une étape du ravalement |
| Remettre les meubles en place | Ce que vous avez déplacé | Le reste |
Ce tableau est une base de discussion. Ce qui fait foi, c’est ce que le client a signé. D’où l’importance de la ligne suivante.
3. Comment l’écrire sur le devis
Une seule ligne « nettoyage » ne suffit pas. Le client y met ce qu’il veut. Écrivez ce qui est inclus, ce qui ne l’est pas, et sur quelle base vous comptez.
Forfait ou au m² ?
- Au forfait pour le repli : il dépend du nombre de jours et de l’accès, peu de la surface.
- Au m² pour un nettoyage de confort sur une surface claire : sols d’un étage, vitrages d’une façade.
- Toujours avec des hypothèses : nombre de pièces, accès, état de départ. Si l’hypothèse tombe, vous avez une base pour un avenant.
Repli de chantier et nettoyage des zones de travail (forfait) : retrait des protections, évacuation des déchets du chantier, balayage et aspiration des zones de travaux, effacement des traces dues aux travaux. Hypothèses : zones de travaux listées au devis, accès véhicule à moins de [X] m.
Gestion des déchets : quantité estimée [X] m³ ou [X] kg ; tri sur chantier : [plâtre / bois / métaux / emballages / inertes] ; point de collecte : [raison sociale, adresse, type d’installation] ; coût estimé : [X] € HT.
Option : nettoyage de confort : lavage des vitres de [nombre] menuiseries, lessivage des sols de [pièces]. [X] € HT. Non inclus si non coché.
4. Combien le facturer : partir de votre taux horaire
Vous trouverez des « prix moyens » partout sur internet. Aucun ne connaît votre équipe, votre camion ni la distance de votre déchèterie. Le bon prix part de votre temps réel.
La méthode tient en trois lignes. Heures de repli et de nettoyage × votre taux horaire. Plus les consommables : sacs, produits, location de benne. Plus le trajet et le dépôt en déchèterie. Puis vous appliquez votre méthode habituelle pour calculer un prix de vente.
Concrètement, avec des hypothèses d’exemple : deux compagnons, deux heures chacun pour le repli d’une façade. Un aller à la déchèterie d’une heure. Un taux horaire de 50 € HT, choisi pour l’exemple. Soit 5 heures × 50 € = 250 € HT, plus vos frais de dépôt réels. Remplacez chaque chiffre par le vôtre.
Pour estimer les heures, regardez vos trois derniers chantiers du même type. Notez le temps passé le dernier jour. C’est souvent plus que ce que vous pensiez.
Et vous : savez-vous combien d’heures vous a coûté le dernier jour de votre dernier chantier ?
Votre taux horaire, pour remplacer le 50 € de l’exemple
5. Nettoyage quotidien ou nettoyage final
Le nettoyage final se joue chaque soir. Chez un particulier, le client vit à côté du chantier. Il voit l’état du jardin tous les jours.
- Chaque soir : ranger l’outillage, fermer les pots, ramasser les chutes, balayer les passages du client.
- Chaque semaine : vider les sacs de tri, vérifier les protections, nettoyer les traces dans les zones de passage.
- Le dernier jour : retirer les protections, évacuer, nettoyer les zones de travail, faire le tour avec le client.
Concrètement : quinze minutes de rangement le soir comptent dans vos heures de chantier. Mettez-les dans votre chiffrage.
6. La protection qui évite le nettoyage
Une tache évitée ne se nettoie pas. Le temps passé à protéger au début se récupère à la fin. Et il évite les litiges sur une dalle tachée ou un massif abîmé.
- Sols et terrasses : bâches ou polyane au pied de la façade, cartons ou protections de sol à l’intérieur.
- Parquet : c’est le sol qui marque le plus vite. Une simple bâche ne suffit pas : il faut une protection épaisse et rigide, posée bord à bord et scotchée, sans plis où l’on se prend les pieds. Le danger, ce sont les petits cailloux et les grains de sable qui glissent dessous ou se collent aux semelles : sous le poids d’un escabeau, ils rayent le vernis à travers une protection trop fine. Balayez avant de poser, gardez les chaussures de chantier pour l’extérieur, et vérifiez la protection chaque soir.
- Menuiseries et vitrages : film de masquage avant enduit ou peinture.
- Piscine : bâche fermée, voire couverture en plus si vous poncez ou projetez près du bassin.
- Plantes et massifs : voile ou bâche légère, retirée le soir si la météo le permet.
- Meubles : regroupés au centre et couverts. Notez sur le devis qui les déplace.
- Voitures et voisins : demandez au client de garer ailleurs pendant les phases de projection ou de ponçage.
Prenez une photo de chaque zone avant de bâcher. En cas de désaccord sur une tache, vous aurez l’état de départ.
Chez un particulier, protégez plus que vous ne le pensez
Beaucoup d’artisans ont l’habitude des chantiers vides : du neuf, des locaux, des logements entre deux locataires. Chez un particulier qui vit dans la maison, les règles changent. Le client attend un intérieur impeccable, et il voit tout : la rayure sur le parquet, la trace de doigt sur la porte, le grain de sable dans l’entrée.
Et beaucoup de clients ne le diront pas. Ils n’osent pas, ils ont peur de passer pour difficiles, ou ils attendent la fin. Le reproche arrive alors au moment du solde, dans les réserves de la réception, ou dans un avis Google trois semaines plus tard. Le client qui ne dit rien pendant le chantier n’est pas forcément satisfait.
Concrètement : protégez large dès le premier jour, même ce qui vous paraît loin des travaux. Et posez la question vous-même, en fin de journée : « Est-ce que quelque chose vous gêne ? » Un défaut signalé le mardi se règle en dix minutes. Le même défaut découvert à la réception vous coûte une réserve, un solde retardé, parfois un avis.
7. Un chantier sale, ce sont des réserves à la réception
À la réception, le client accepte les travaux, avec ou sans réserves. S’il voit des coulures sur ses appuis de fenêtre, il les écrit. Chaque réserve repousse la levée et parfois le solde. Elle vous oblige aussi à revenir.
Concrètement : faites le tour de nettoyage la veille de la réception, avec la liste plus bas. Le jour J, vous faites visiter un chantier propre. Le PV de réception se signe alors sur les travaux eux-mêmes.
La liste à cocher
☐ Toutes les protections retirées : bâches, films, adhésifs, cartons.
☐ Aucune trace d’adhésif sur les menuiseries et appuis.
☐ Coulures et éclaboussures effacées sur sols, terrasse, seuils, vitrages touchés.
☐ Déchets triés et évacués, bordereau de dépôt rangé avec le dossier.
☐ Chutes et pots vides repris, rien laissé « pour le client ».
☐ Zones de travail balayées et aspirées.
☐ Meubles déplacés par l’équipe remis en place.
☐ Abords vérifiés : massifs, piscine, regards, gouttières.
☐ Photos de fin prises sous le même angle que les photos d’avant.
☐ Tour du chantier fait avec le client, PV de réception prêt.
☐ Demande d’avis préparée pour le jour de la réception.
Les photos de fin servent deux fois. Elles prouvent l’état rendu au client. Elles alimentent votre fiche et vos réseaux. Le bon moment pour demander un avis Google, c’est quand le client regarde un chantier propre.
Les erreurs qui coûtent le plus
- Écrire « nettoyage compris » sans détail : le client y lit les vitres de toute la maison.
- Oublier les mentions déchets sur le devis : quantité, tri, point de collecte et coût sont attendus depuis juillet 2021.
- Laisser des pots ou des chutes « au cas où » : ce sont vos déchets, et vous en restez responsable.
- Ne pas compter le temps de repli : le dernier jour se paie, sur votre marge.
- Bâcher trop peu au départ : une heure de protection en moins se paie en grattage à la fin.
- Faire visiter avant d’avoir nettoyé : les réserves s’écrivent sur ce que le client voit ce jour-là.
Trois questions à vous poser, dans l’ordre
- Mon modèle de devis contient-il les quatre mentions déchets et une ligne « repli et nettoyage » détaillée ?
- Combien d’heures me coûte réellement le repli sur mes chantiers types ?
- Est-ce que je propose le nettoyage de confort en option chiffrée, ou je le fais gratuitement par gêne ?
La première se règle en une heure, sur votre modèle de devis, cette semaine.
Et Gus dans tout ça ?
Le balai reste dans vos mains. Gus s’occupe de ce qui entoure le nettoyage. Le devis complet se prépare avec vos lignes et vos prix, et vous y ajoutez votre ligne de repli. En fin de chantier, l’équipe prend les photos de fin depuis un lien, avec la photo d’avant en transparence pour garder le même angle. La réception se prépare dans la foulée. Le client retrouve ensuite une page avant/après de son chantier, et vous un post Google prêt à copier et la demande d’avis. Gus ne fait pas les factures. Voir comment Gus fait gagner du temps sur le suivi de chantier.
À retenir : vos déchets et vos salissures sont à vous, et leur évacuation se chiffre sur le devis. Le nettoyage de confort est une option à part, avec ses hypothèses. Le prix se calcule avec votre taux horaire et votre temps réel. Et un chantier propre le jour de la réception, c’est moins de réserves et un meilleur moment pour demander un avis.
Bon à savoir : règles en vigueur en octobre 2026. Le producteur ou détenteur d’un déchet en est responsable jusqu’à son élimination ou sa valorisation finale (code de l’environnement, article L541-2). Les devis de travaux de construction, rénovation ou démolition indiquent depuis le 1er juillet 2021 la quantité estimée de déchets, leur tri et enlèvement, les points de collecte et le coût estimé (article L541-21-2-3 et article D541-45-1). Les chantiers soumis au diagnostic déchets avant démolition ou réhabilitation lourde suivent leur propre régime. En cas de doute sur votre cas, interrogez votre organisation professionnelle (CAPEB, FFB).
Sources : ministère de la Transition écologique, gestion des déchets : principes généraux ; décret n° 2020-1817 du 29 décembre 2020 (AIDA, INERIS) ; FFB, mentions déchets dans les devis de travaux ; CAPEB, déchets, devis et tri : les nouveautés au 1er juillet 2021 ; OPPBTP, article L541-2 du code de l’environnement.