Carte de visite d’artisan du bâtiment : ce qu’il faut y mettre (et le QR code qui fait venir les demandes)

Par Mathieu Soler

Dans

« Des cartes de visite ? J’en ai encore une boîte pleine dans le camion. » Sauf que la boîte est toujours dans le camion. Et le client qui voulait vous recommander à sa sœur a cherché votre nom sur Google. Il ne l’a pas trouvé.

Une carte de visite d’artisan sert à une seule chose : qu’on vous retrouve et qu’on vous recommande, le jour où vous n’êtes plus là.

Ce que vous allez trouver ici

  • Les six informations à mettre au recto, et pourquoi chacune compte.
  • Ce qu’il vaut mieux laisser de côté.
  • Les mentions légales : ce qui s’applique, et ce qu’on confond avec le devis.
  • Le dos de la carte : un QR code vers votre demande de devis ou vers vos avis Google.
  • Où laisser vos cartes pour qu’elles travaillent.
  • Un modèle de texte à copier, et la liste à cocher avant l’impression.

1. À quoi sert votre carte, concrètement

Votre client vous connaît. Il a votre numéro dans son téléphone. La carte sert donc surtout aux autres : le voisin, le beau-frère, le collègue qui demande « tu avais pris qui pour ta façade ? ».

Ce lecteur-là ne vous a jamais vu. Il va faire deux choses : chercher votre nom sur Google, puis vous appeler ou vous écrire. Votre carte doit lui rendre ces deux gestes faciles.

Concrètement : relisez votre carte actuelle avec les yeux d’un inconnu. Sait-il en trois secondes ce que vous faites, où, et comment vous joindre ? Si la réponse est non, la carte est à refaire.

2. Ce qu’on met au recto

Six informations suffisent. Chacune a une raison d’être.

InformationPourquoiLe piège
Nom de l’entrepriseC’est ce que la personne tapera dans Google.Un nom différent de celui de votre fiche Google. Écrivez-le exactement pareil.
Votre prénom et votre nomOn recommande une personne avant une entreprise.L’oublier quand l’entreprise porte un nom de fantaisie.
Métier précis« Isolation par l’extérieur » dit plus que « Bâtiment ».Lister dix métiers. Gardez les deux ou trois qui font votre chiffre.
Zone d’interventionLe lecteur sait tout de suite si vous venez chez lui.Mettre « Toute la France » quand vous ne sortez pas du département.
TéléphoneLe numéro que vous décrochez.Le fixe du bureau que personne n’écoute.
Site ou lien de demande de devisPour ceux qui préfèrent écrire le soir.Une adresse trop longue à recopier. Le QR code au dos règle ça.

Pas encore de site ? Une fiche Google bien remplie et un lien de demande de devis font déjà l’essentiel. On en parle dans l’article sur l’artisan sans site internet.

Concrètement : ouvrez votre fiche Google sur votre téléphone. Recopiez le nom affiché, lettre par lettre, sur votre maquette de carte.

3. Ce qu’on évite

  • Trop d’informations. Une carte pleine se lit mal. Un fax, trois numéros et cinq logos noient le téléphone.
  • L’adresse personnelle. Si vous travaillez depuis chez vous, la ville suffit. Rien ne vous oblige à imprimer votre rue sur un papier qui circule.
  • Le mail illisible. « jean.dupont.renov31.contact@… » se recopie mal. Une adresse courte au nom de l’entreprise inspire plus confiance.
  • Les petits caractères gris clair. Votre carte sera lue dans une cuisine, parfois sans lunettes.
  • Les infos qui changent. Une promo, un tarif, un numéro provisoire. La carte vit plus longtemps qu’eux.

Et vous : si un inconnu tape aujourd’hui le nom écrit sur votre carte, tombe-t-il sur votre fiche Google ?

4. Les mentions légales : ce qui s’applique

Aucun texte ne fixe une liste de mentions propre à la carte de visite. En revanche, certaines règles visent les documents professionnels en général. La carte peut entrer dedans.

Vous êtes entrepreneur individuel (micro-entreprise comprise)

Depuis le décret du 28 avril 2022, votre nom doit être précédé ou suivi de « entrepreneur individuel » ou « EI ». Cela vaut pour les documents et correspondances à usage professionnel. Bpifrance Création cite notamment les documents publicitaires, les devis et les factures. La carte de visite n’est pas citée nommément. Le plus simple est donc d’ajouter « EI » à côté de votre nom : deux lettres, aucun risque.

Vous êtes en société

Les sociétés ont aussi des mentions à porter sur leurs documents et correspondances (forme juridique, immatriculation…). Demandez à votre comptable si votre carte est concernée. La réponse dépend de ce que vous y écrivez.

Ne confondez pas avec le devis et la facture

L’assurance décennale, le SIRET, les conditions de paiement : tout cela a sa place sur le devis et la facture. Les règles y sont précises, et on les détaille dans l’article sur les mentions obligatoires du devis. Sur la carte, rien ne vous empêche d’ajouter le SIRET. Mais il prend de la place pour peu d’effet.

Le logo RGE ou de qualification

Un logo RGE rassure. Il engage aussi. Trois règles simples :

  • Seulement si la qualification est réelle et en cours de validité. Une demande en cours ne compte pas.
  • Seulement pour les travaux inscrits sur votre certificat.
  • Le logo se récupère auprès de votre organisme de qualification, avec son règlement d’usage. Qualit’EnR, par exemple, cite la carte de visite parmi les supports admis. Il impose d’arrêter l’usage du logo en cas de suspension ou à l’expiration du certificat.

Afficher un label sans l’autorisation nécessaire figure dans la liste des pratiques commerciales trompeuses du Code de la consommation. Si vous êtes qualifié Qualibat, demandez-lui ses règles d’usage du logo avant d’imprimer.

Concrètement : notez la date de fin de votre certificat. N’imprimez pas plus de cartes que ce que vous distribuerez avant cette date.

5. Le dos de la carte : un QR code, un seul

Le dos est souvent vide, ou rempli d’une liste de prestations. Mettez-y plutôt un QR code avec une phrase qui dit où il mène. Deux choix utiles :

  • Vers votre formulaire de demande de devis. Pour les cartes que vous laissez aux voisins, aux fournisseurs, aux futurs clients. La personne scanne et décrit son projet le soir même.
  • Vers vos avis Google. Pour la carte que vous laissez au client en fin de chantier. Google fournit un lien et un QR code d’avis depuis votre fiche : la marche à suivre est dans l’article sur la demande d’avis Google.

Vous pouvez faire imprimer deux versions. Une carte « devis » pour la prospection, une carte « avis » pour la fin de chantier.

Concrètement : avant d’imprimer, scannez le QR code avec deux téléphones différents. Vérifiez qu’il mène à la bonne page. Préférez un QR code qui pointe directement vers votre lien. Certains générateurs gratuits passent par leur propre adresse, qui peut cesser de fonctionner. Vos cartes deviennent alors muettes.

6. Où laisser vos cartes

  • Chez le client, à la réception des travaux. Deux ou trois cartes, avec le QR code d’avis. Le moment s’y prête : le chantier est fini et le client est content. Le PV de réception est la bonne occasion.
  • Aux voisins, pendant le chantier. Votre échafaudage se voit depuis la rue. Les voisins viennent poser des questions. Demandez d’abord l’accord de votre client : c’est sa maison, et ses voisins.
  • Chez vos fournisseurs. Au comptoir du négoce, on vous demande parfois un artisan pour un particulier. Laissez quelques cartes au vendeur qui vous connaît. Le comptoir peut vous apporter plus : voyez ce que change un compte pro chez votre fournisseur.
  • Dans la camionnette, à portée de main. Une boîte qui sert, dans la portière plutôt que sous le siège.

D’autres pistes pour remplir le planning sont dans l’article sur comment trouver des chantiers.

7. L’impression : format, papier, quantité

Le format. Le format courant en France tourne autour de 85 × 55 mm. Il rentre dans un portefeuille et dans les porte-cartes. Chaque imprimeur a ses gabarits, avec une marge de coupe (le « fond perdu »). Téléchargez son modèle avant de faire votre maquette.

Le papier. Choisissez un papier épais, qui ne se plie pas dans une poche de pantalon. Un papier mat permet d’écrire au stylo dessus : un prénom, un créneau de visite, une date de passage.

La quantité. Commencez petit. Votre zone, votre lien ou votre qualification changeront peut-être d’ici un an. Mieux vaut réimprimer une carte juste que distribuer une carte fausse.

Modèle de texte à copier

Recto
[Nom de l’entreprise, identique à la fiche Google]
[Prénom Nom] EI (si entrepreneur individuel)
[Métier précis, deux ou trois au plus]
[Zone : ville et alentours, ou département]
[Téléphone que vous décrochez]
[site.fr ou lien court de demande de devis]

Verso, version prospection
[QR code]
Votre projet en photos : scannez, décrivez, je vous rappelle.

Verso, version fin de chantier
[QR code]
Content du chantier ? Votre avis Google aide d’autres familles à me trouver.

La liste à cocher

☐ Le nom est écrit exactement comme sur ma fiche Google.
☐ Mon métier est précis, en deux ou trois mots.
☐ Ma zone d’intervention est indiquée.
☐ Le téléphone est celui que je décroche.
☐ « EI » figure à côté de mon nom si je suis entrepreneur individuel.
☐ Le logo RGE n’apparaît que si ma qualification est valide, pour les travaux concernés.
☐ Pas d’adresse personnelle, pas de mail à rallonge.
☐ Le QR code a été testé sur deux téléphones.
☐ Une phrase sous le QR code dit où il mène.
☐ J’ai utilisé le gabarit de l’imprimeur.

Les erreurs qui coûtent le plus

  • Un nom qui ne se retrouve pas sur Google. La recommandation se perd entre la carte et la recherche.
  • Un logo de qualification périmé. Vous risquez des ennuis avec votre organisme, et la confiance du client.
  • Un QR code qui ne mène nulle part. Lien changé, générateur fermé : toute la boîte est à jeter.
  • Des cartes jamais sorties du camion. Une carte sert quand elle est dans la main de quelqu’un d’autre.
  • Des cartes distribuées chez les voisins sans l’accord du client. Le client peut le prendre mal, en plein chantier.

Trois questions à vous poser, dans l’ordre

  1. Le nom sur ma carte est-il celui de ma fiche Google ?
  2. Vers quelle page je veux envoyer les gens : ma demande de devis, ou mes avis ?
  3. À qui je laisse mes cartes, à chaque chantier ?

La première se règle en cinq minutes, cette semaine, avec votre téléphone.

Et Gus dans tout ça ?

Le formulaire de demande de devis Gus a son propre lien. Ce lien peut devenir le QR code au dos de votre carte. La personne qui le scanne décrit son projet avec des photos et des mesures. Vous retrouvez la demande rangée dans Gus, prête pour une estimation à vos prix.

Pour la carte « avis », Gus va plus loin qu’un bout de papier. En fin de chantier, votre équipe photographie chaque mur depuis le même endroit qu’avant les travaux : la photo d’avant s’affiche en transparence dans le téléphone. Votre client reçoit ensuite, par SMS et par mail, une page à son nom : son chantier en avant / après, mur par mur, ce que vous avez fait, et le bouton pour laisser un avis Google.

C’est une carte de visite virtuelle de votre entreprise. Elle ne reste pas dans un tiroir : elle est dans son téléphone le jour où un voisin lui demande « tu avais pris qui ? ». Les mêmes photos avant / après sont prêtes à publier sur votre fiche Google, avec un texte proposé. Et comme le demande Google, la demande d’avis part à chacun de vos clients, pas seulement aux plus contents. Voir comment Gus fait gagner du temps, de la demande à l’avis.

À retenir : le nom de la fiche Google, un métier précis, une zone, un téléphone qu’on décroche, un lien. Au dos, un seul QR code testé, vers la demande de devis ou vers les avis. Le logo RGE uniquement avec une qualification valide. Et des cartes qui sortent du camion.

Bon à savoir : règles en vigueur en octobre 2026. Aucun texte ne fixe de mentions propres à la carte de visite. L’entrepreneur individuel doit faire figurer « EI » ou « entrepreneur individuel » avec son nom sur ses documents et correspondances professionnels (article R526-27 du Code de commerce, issu du décret n° 2022-725). Les mentions des sociétés et celles du devis (dont l’assurance décennale) relèvent d’autres règles : vérifiez avec votre comptable ou votre organisation professionnelle (CAPEB, FFB). Pour le logo RGE, le règlement d’usage de votre organisme de qualification fait foi.

Sources : Bpifrance Création, EI : documents concernés par la nouvelle mention obligatoire · Fiducial, entreprise individuelle : la mention obligatoire sur les documents professionnels (article R526-27 du Code de commerce) · Qualit’EnR, charte graphique et règles d’usage des logos (avril 2026) · Légifrance, Code de la consommation, article L121-4 (pratiques commerciales réputées trompeuses) · MOO, dimensions des cartes de visite

Mathieu SolerCréateur de Gus. 19 ans dans l'industrie spatiale, dont 11 à chasser les gaspillages en Lean, puis consultant SEO. Son parcours

Moins de bureau, plus de chantier.Vos clients décrivent leur projet avec votre lien, photos et mesures comprises. Gus vous prépare le dossier et un pré-chiffrage avec vos prix.

Voir Gus en action, écran par écran

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