Un client vous rappelle au printemps pour signer le devis de façade remis à l’automne. Entre-temps, votre fournisseur a augmenté ses prix. Et sur le devis, rien ne dit jusqu’à quand votre prix tenait.
Sur un devis de travaux, la ligne « devis valable 30 jours » passe souvent inaperçue. Elle compte pourtant deux fois : pour le client, qui sait jusqu’à quand votre prix tient, et pour vous, qui savez jusqu’à quand vous êtes engagé à ce prix. Bien choisie, elle protège votre marge quand les fournitures augmentent. Bien utilisée, elle donne une bonne raison de relancer. Une validité choisie au hasard, c’est un prix tenu au hasard.
Ce que dit la loi
- La durée de validité est obligatoire sur un devis de travaux. Elle fait partie des mentions obligatoires d’un devis, à côté de la date, du détail des prestations et des prix HT et TTC.
- Aucun texte ne fixe sa longueur. Un mois, trois mois, six mois : c’est vous qui choisissez. Ce qui est interdit, c’est de ne rien écrire.
- Pendant cette durée, vous êtes engagé. Le devis est une offre : tant qu’elle court, si le client l’accepte, le prix et le contenu sont ceux que vous avez écrits.
Et vous : la durée inscrite sur vos devis, l’avez-vous choisie, ou est-elle venue avec votre logiciel ? Une durée par défaut ne tient compte ni de vos fournitures ni de vos clients.
Quelle durée choisir
La bonne durée dépend de deux choses : la vitesse à laquelle vos prix d’achat bougent, et le temps dont le client a besoin pour décider.
| Situation | Durée courante | Pourquoi |
|---|---|---|
| Petit chantier, décision rapide (une pièce à repeindre, une réparation) | 1 mois | Le client décide vite, et vous gardez la main sur votre planning. |
| Chantier moyen, fournitures stables | 2 à 3 mois | Le temps de comparer deux ou trois devis et d’en parler en famille. |
| Gros chantier avec aides ou financement (isolation, rénovation énergétique) | 3 mois, avec une clause sur les fournitures | Les dossiers d’aide et de prêt prennent du temps, vos prix d’isolant peuvent bouger entre-temps. |
| Fournitures très volatiles | 1 mois, ou un prix de fourniture révisable | Vous ne vous engagez pas sur un prix que vous ne maîtrisez pas. |
Trop courte, la durée met une pression qui fait fuir. Trop longue, elle vous oblige à tenir un prix calculé il y a six mois. Dans le doute, un à trois mois couvre la plupart des chantiers de second œuvre. Si le chantier doit démarrer longtemps après la signature, prévoyez sur le devis une clause de révision de prix avec l’index BT.
Comment l’écrire sur le devis
Écrivez une date plutôt qu’une durée : « Devis valable jusqu’au 15 décembre 2026 » se lit sans calcul, alors que « valable 60 jours » oblige le client à compter depuis la date du devis. Si vos fournitures peuvent augmenter, ajoutez une phrase simple :
Devis valable jusqu’au [date]. Passé cette date, les prix des fournitures pourront être actualisés selon les tarifs en vigueur de nos fournisseurs ; la main-d’œuvre reste inchangée pendant [3] mois.
Une fois le devis signé, la durée de validité ne joue plus
C’est la question qui revient le plus : « mon devis est signé, il expire quand ? ». Il n’expire pas. La durée de validité concerne l’offre, c’est-à-dire la période pendant laquelle le client peut l’accepter. Une fois signé, le devis devient un contrat, qui vous engage tous les deux : vous sur le prix, le contenu et les délais annoncés, le client sur le paiement. Les formes de la signature sont détaillées dans signer un devis : bon pour accord et valeur juridique.
Ce qui fixe alors le calendrier, c’est la date de début des travaux. Un devis signé sans date de début est une source classique de litige : le client attend, vous reportez, et des mois plus tard plus personne ne sait ce qui était prévu. Écrivez toujours une date ou une période de démarrage, même approximative. Et si le client veut annuler entre-temps, c’est une autre histoire, que nous détaillons dans l’article sur le devis signé puis annulé par le client.
Le client accepte un devis expiré : que faire ?
Vous n’êtes plus tenu par votre prix, mais rien ne vous empêche de l’accepter. Trois réflexes :
- Vérifiez vos fournitures. Si les prix n’ont pas bougé, acceptez tel quel : c’est un chantier signé.
- S’ils ont bougé, refaites un devis daté du jour, en expliquant l’écart ligne par ligne. Ne modifiez pas l’ancien à la main.
- Revérifiez votre planning. Le délai annoncé il y a trois mois n’est peut-être plus tenable.
La date d’expiration, le bon prétexte pour relancer
Un client qui n’a pas répondu n’a pas forcément dit non (les raisons les plus fréquentes sont dans pourquoi vos devis ne sont pas signés). La date de fin de validité donne une raison simple et polie de reprendre contact, une dizaine de jours avant l’échéance :
Objet : votre devis de [peinture] arrive à échéance le [date]
Bonjour [Madame Martin],
Le devis que je vous ai remis le [date] pour [la peinture du séjour et des deux chambres] reste valable jusqu’au [date]. Si vous avez des questions ou souhaitez ajuster quelque chose avant de décider, je suis disponible cette semaine. Je peux aussi vous proposer une date de démarrage dès maintenant.
[Prénom Nom], [Entreprise], [téléphone]
D’autres modèles, selon le moment et le canal, sont dans notre article relancer un devis : quand le faire, quoi dire.
Trois questions à vous poser, dans l’ordre
- Votre devis indique-t-il une date de fin de validité plutôt qu’une durée ?
- Si vos fournitures bougent, une clause le prévoit-elle ?
- Chaque devis signé porte-t-il une date ou une période de début des travaux ?
La troisième compte le plus : c’est elle qui évite le litige une fois le devis signé.
Et Gus dans tout ça ?
Dans Gus, la durée de validité se règle une fois dans votre fiche entreprise et s’imprime sur chaque devis avec les autres mentions. Les dossiers en attente de réponse restent dans votre tableau de bord, et ceux dont la relance est due remontent d’eux-mêmes : vous n’avez plus à tenir la liste de tête. Le parcours complet est sur la page pourquoi Gus va vous faire gagner du temps.
À retenir : la durée de validité est obligatoire mais libre. Un à trois mois convient à la plupart des chantiers, avec une clause sur les fournitures si elles bougent. Une fois le devis signé, elle ne joue plus : c’est la date de début des travaux qu’il faut écrire. Et une dizaine de jours avant l’échéance, c’est le meilleur moment pour relancer.
Source : DGCCRF, fiche pratique Devis.