Il est 21 h, et vous ouvrez enfin le dossier du client vu mardi. Il manque la hauteur sous plafond, et vous ne savez plus si le volet est compris. Vous rappellerez demain, et le devis partira avec deux jours de retard.
Un devis de travaux, ce n’est pas seulement un tableau de prix. C’est la première chose que le client lit de votre entreprise, un contrat dès qu’il le signe, et la base de votre marge sur le chantier. Voici la méthode en sept étapes, du premier appel jusqu’au suivi, avec ce qu’il faut faire à chaque fois et ce qui fait perdre du temps. Chaque étape bâclée se paie plus tard : une soirée à rappeler le client, un second déplacement, ou une ligne oubliée qui mange la marge. Un devis ne se gagne pas au chiffrage, il se gagne avant et après.
1. Qualifier la demande avant de se déplacer
Le premier contact sert à savoir si le chantier est pour vous. Quatre questions suffisent souvent :
- Où ? Le code postal, pour savoir si c’est dans votre zone.
- Quoi ? La nature des travaux et une idée de la surface ou du nombre de pièces.
- Quand ? Le délai souhaité, à comparer à votre planning.
- Combien ? Une idée du budget, même large. Un budget très loin du prix réel se voit dès maintenant.
Demandez aussi des photos. Cinq photos prises par le client vous en apprennent souvent plus qu’un long appel, et elles vous évitent les déplacements pour rien. Pour répondre vite sans y passer la soirée, voir nos 5 modèles de première réponse. Si le chantier est loin ou demande une étude, c’est le moment d’annoncer un devis payant, jamais après.
Et vous : sur vos dix dernières visites, combien auraient pu être évitées avec quatre questions et cinq photos ? Si la réponse n’est pas zéro, c’est l’étape 1 qu’il faut revoir en premier.
2. Préparer la visite
Avant de partir, relisez ce que vous savez et notez ce qu’il faudra vérifier sur place : l’état du support, les accès, ce qui se voit mal en photo. Une liste de points à vérifier évite de repartir sans la cote qui manquera le soir. La méthode et les checklists par métier sont dans la visite technique avant devis.
3. Mesurer : le métré
Le métré donne les quantités de chaque ligne. Mesurez dans l’ordre du chantier, pièce par pièce ou façade par façade, déduisez les ouvertures, et notez la source de chaque cote. Le détail des méthodes, murs, plafonds, façades, est dans notre article sur le métré dans le bâtiment. Pour ne rien ressaisir le soir, dictez ces cotes sur votre téléphone pendant la visite : faire un devis sur son téléphone, depuis le chantier.
4. Chiffrer avec une grille, pas de mémoire
Le chiffrage multiplie des quantités par des prix unitaires. Ces prix doivent venir d’une grille que vous tenez à jour, construite à partir de votre taux horaire (la méthode pour le calculer), de vos temps réels et de vos coûts de fourniture. Un vieux devis recopié reprend aussi ses vieilles erreurs. Pour passer du coût au prix (frais généraux, marge, coefficient) : calculer le prix de vente d’un devis. Notre bibliothèque de prix à remplir vous aide à la construire, et l’article fixer son prix au m² en peinture montre le calcul complet sur un métier. Pour les quantités de fourniture, les calculs pas à pas sont dans nos articles sur les plaques et les rails d’une cloison, le béton d’une dalle et le carrelage avec ses chutes.
Pensez aux lignes qu’on oublie : protection, évacuation des déchets, installation de chantier, nettoyage, petites fournitures. Ce sont elles qui mangent la marge. Un lot que vous ne faites pas vous-même se chiffre aussi : le prix du sous-traitant, plus vos frais de suivi et votre marge (voir la sous-traitance dans le bâtiment).
5. Établir un devis clair
Un devis clair suit l’ordre du chantier et se lit sans vous. Pour chaque ligne : la désignation, l’unité, la quantité, le prix unitaire HT et le total. En bas : les totaux HT, la TVA avec son taux, le TTC, l’acompte, la date de début, la durée de validité.
Les mentions légales ne sont pas facultatives : identité de l’entreprise, SIRET, assurance décennale, médiateur de la consommation, mention déchets depuis 2021, et d’autres selon votre statut. En TVA à 5,5 % ou 10 %, ajoutez la mention certifiée par le client, qui remplace l’ancienne attestation. La liste complète est dans notre article devis bâtiment : les mentions obligatoires. Pour voir un devis complet commenté ligne par ligne : nos exemples en peinture intérieure et en isolation par l’extérieur.
Deux mentions protègent particulièrement : la durée de validité (voir laquelle écrire) et le mot « acompte », sans lequel une somme versée d’avance vaut arrhes (voir l’acompte pour des travaux). Écrivez aussi vos hypothèses et ce qui n’est pas compris (avec des phrases types pour un devis sous réserve) : si le chantier réserve une surprise, vous pourrez proposer un avenant sans que le client y voie une erreur de votre part.
6. Envoyer, et expliquer
Envoyez le devis avec un message court qui reprend l’essentiel : le montant, ce qui est compris, ce qui ne l’est pas, la date de démarrage possible. Si le prix dépasse ce que le client attendait, dites pourquoi, ligne par ligne, avant qu’il ne pose la question. Si le devis est signé chez le client ou à distance, joignez le formulaire de rétractation (voir devis signé puis annulé). Pour la signature elle-même, voir signer un devis par mail ou en ligne.
7. Suivre et relancer
Un devis sans réponse n’est pas un refus. Notez la date de relance dès l’envoi, et relancez une première fois une semaine après, puis avant l’expiration. Les bons moments et cinq modèles sont dans notre article relancer un devis. Et quand un client dit non, demandez pourquoi : prix, délai, autre artisan. C’est ce qui vous apprend le plus, et les raisons les plus fréquentes sont dans pourquoi vos devis ne sont pas signés.
Combien de temps tout ça prend
Mis bout à bout, ces sept étapes prennent souvent plusieurs heures par devis, trajet compris, dont une bonne partie ne se facture pas. Le calcul est détaillé dans combien de temps vous coûte vraiment un devis. Les étapes qui pèsent le plus sont rarement le chiffrage : ce sont les déplacements pour des clients qui n’étaient pas prêts, et les informations qui manquent.
Trois questions à vous poser, dans l’ordre
- Posez-vous les quatre questions (où, quoi, quand, combien) avant chaque déplacement ?
- Vos prix unitaires viennent-ils d’une grille tenue à jour, et non d’un ancien devis ?
- Notez-vous la date de relance le jour même de l’envoi ?
Si vous ne deviez en changer qu’une, commencez par la première : c’est elle qui vous rend des déplacements.
Et Gus dans tout ça ?
Gus suit ces sept étapes. Le client décrit son projet et envoie ses photos avec votre lien (étape 1), Gus trie la demande selon vos critères et prépare la liste de ce qu’il faut vérifier sur place (étape 2), la fiche de visite au téléphone reçoit vos cotes (étape 3), le pré-chiffrage part de votre grille (étape 4), le devis reprend vos mentions et l’estimation (étapes 5 et 6), et le tableau de bord vous dit quand relancer (étape 7). Le détail, écran par écran : pourquoi Gus va vous faire gagner du temps.
À retenir : qualifiez avant de vous déplacer, mesurez dans l’ordre du chantier, chiffrez avec une grille tenue à jour, rédigez toutes les mentions (dont la validité et l’acompte), expliquez le prix à l’envoi, et notez la relance le jour même. La qualité d’un devis se joue autant avant et après le chiffrage que pendant.